LA GROSSOPHOBIE (FAT PHOBIA) : DISCRIMINATION ORDINAIRE CHEZ LES ENTRAÎNEURS ?

Cette personne, nous la connaissons tous, nous l’avons tous croisée , et malgré nous nous la jugeons : l’obèse

Crédit : L’express

La grossophobie est un problème systémique. La société n’aime pas les gros. Donc ces réflexes qui viennent d’un dégoût des corps gros, sont très difficiles à contrer. « L’obèse a toujours l’image du gourmand qui s’adonne à une jouissance solitaire, d’une personne qui se place en dehors du circuit des adultes sur un mode régressif» Dr Bernard Waysfeld, psychiatre et nutrition.

On t’explique que tu vas mourir, on t’infantilise. On te traite comme si tu étais responsable de ton poids. L’idée qu’il suffirait de volonté pour atteindre un poids normal est très ancrée dans les croyances collectives. Alors que c’est simplement faux.

Un peu de sport, des régimes et ça ira. Mais les régimes ne marchent pas. Ils peuvent te faire perdre 10 kilos à tout casser, et encore ! Les discours culpabilisants peuvent-ils motiver les gros à faire un régime ?

Ces morceaux choisis de « Lettre ouverte d’une fille grosse aux toubibs » by Anouch,  illustrent au combien la grossophobie est devenue une discrimination ordinaire doublée de pressions sociales

Depuis 1975, le nombre de personnes obèses à quasiment triplé dans le monde. En France, 15,3% de la population est concernée et la courbe ne cesse de grimper : en 2030 cette proportion pourrait atteindre 21% (source OCDE).

Crédit : education.francetv.fr

Gros dans un monde  moderne où l’image compte, c’est pas simple !

L’obésité moquée fait qu’on se sent mal dans son corps, dans son environnement, et d’une manière générale dans la société occidentale moderne. L’enjeu salutaire est de renouer avec le plaisir de bouger, les sensations, c’est à dire, accepter, vivre et habiter son corps tel qu’il est, pour prendre confiance en soi. La confiance en soi est une formidable alliée pour prendre de la hauteur envers ces discriminations.

En quoi en tant qu’entraîneurs est il possible de lutter contre la grossophobie ?

Il ne s’agit pas là de vouloir faire maigrir, mais bien de faire en sorte que la surcharge pondérale ne soit plus vécue comme discriminante ni moquante. Une des pistes de réflexion est que l’entraîneur, peu importe le sport, prenne soin de valoriser la personne en se souvenant qu’elle n’est pas que obèse ( oui nous avons tous nos points forts ). Il s’agit plutôt d’utiliser ses ressources physiques disponibles, aussi petites soient elles pour réintégrer l’activité corporelle dans le quotidien de vie et ainsi recouvrer la santé sociale .

L’OMS définit la santé comme « état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». ndlr

Tenter d’être créatif et veillant, quelle que soit la discipline, c’est à dire de trouver des adaptations pour FAIRE, sans juger en bien ou en mal. Une des clés motivationnelle est la considération au delà des apparences, sans culpabiliser, ni plaindre. Donner une consigne réalisable, accompagner, progresser.

Une autre clé est d’entraîner, éduquer, manager, aider les personnes obèses à se recentrer autour leurs ressources, de leurs capacités propres ( nous avons tous des points forts) comme avec n’importe quel individu. Oser recadrer le discriminant lorsqu’il le faut. Absolument respecter son aspect et sa personne toute entière, pour dépasser le regard social. Pour que, comme Lizzy Howell, l’obésité ne soit plus un frein.

Et vous, où en êtes vous avec la grossophobie ?

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